OUVERTURE EXCEPTIONNELLE

OUVERTURE EXCEPTIONNELLE POUR LES FÊTES :
en plus de ses horaires habituels, pour vous aider dans vos cadeaux, la librairie sera ouverte :
- dimanche 15 décembre de 14h à 18h
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- dimanche 22 décembre, de 10h à 18h
- lundi 23 décembre, de 10h à 12h et de 14h à 19h.

vendredi 13 décembre 2019

Vive les femmes !


IDEE CADEAU - BEAU LIVRE


Tout au long du mois de décembre, Mille et une Pages vous donne des idées de livres à offrir.

Si l’histoire a retenu Frida Kahlo, Niki de Saint-Phalle, Yoko Ono ou Louise Bourgeois, d’innombrables femmes artistes ont été négligées et oubliées par la mémoire collective et les histoires de l’art. Les choses changent heureusement, et l’on redécouvre peu à peu ces créatrices brillantes. Ce livre en est la très belle preuve.

Sur la couverture de ce gros et beau livre, le mot “femmes” est rayé de rouge, transformant le titre 400 femmes artistes en 400 artistes. C’est dire l’ambition de cet ouvrage collectif : à la fois redonner à ces femmes artistes oubliées une place dans l’histoire de l’art, mais aussi affirmer fortement qu’avant d’être des femmes, ce sont des artistes, au même titre que les hommes, et qu’il est temps de la reconnaître. Et c’est peu dire que ce volume y parvient à merveille. Concocté et écrit par de nombreux spécialistes venus du monde entier, il parcourt les continents et les siècles (de la sculptrice italienne Properzia De Rossi au XVIè siècle jusqu’à des artistes contemporaines toujours en activité) pour dresser le portrait de ces 400 créatrices de tous les domaines artistiques, et mettre en parallèle une reproduction d’une de leurs œuvres phare. A côté des stars attendues (Camille Claudel, Sophie Calle, Sonia Delaunay, Rosa Bonheur…), on découvre ainsi, au fil des rapprochements inattendus liés à l’ordre alphabétique du livre, des dizaines de femmes qui ont créé, cherché, lutté pour imposer leur talent dans un monde où le masculin l’a si longtemps emporté. Les temps changent heureusement. Et ce livre, qui s’impose comme une immédiate référence, l’affirme de façon éblouissante.

400 femmes artistes, éd. Phaidon, 49,95 €.

mercredi 11 décembre 2019

Le retour du grand gentil loup


IDEE CADEAU - ALBUM JEUNESSE


Tout au long du mois de décembre, Mille et une Pages vous donne des idées de livres à offrir.

Quatrième tome d’une très réjouissante série de bandes dessinées jeunesse, Le loup en slip n’en fiche pas une recèle de trouvailles et d’humour, sans oublier defaire réfléchir les petits à la notion de travail. Un bonheur de lecture !

Revoilà donc le savoureux personnage inventé par le trio Lupano, Itoïz et Cauuet, ce très sympathique loup en slip qui vit en harmonie avec les autres habitants de la forêt. Après Le Loup en slip, Le loup en slip se les gèle et Le Loup en slip, slip hip hip — trois albums qui méritent d’être découverts ! —, cette nouvelle aventure envoie notre héros… en prison ! Car alors qu’il vient d’acheter à l’ours de bons bo buns, il est arrêté par la brigade anti-loups qui l’accuse de vol. C’est le très riche écureuil, à la tête d’une florissante entreprise de noisettes, qui l’a dénoncé, intrigué de voir le loup dépenser de l’argent alors qu’il ne travaille pas pour en gagner : comme il est dit dans l’album, aux yeux de ses accusateurs, le loup “est une feignasse”. Or l’enquête va vite démontrer le contraire : s’il n’a pas de travail rémunéré, le loup est très occupé par des activités bénévoles pour aider les autres… C’est donc bien à une réflexion sur la valeur du travail, sur celle de l’engagement, que se livre cet album par ailleurs d’une irrésistible drôlerie, porté par des personnages plein de fantaisie, des situations cocasses et un dessin vif et coloré. Un délice à partager en famille !

Lupano, Itoïz, Cauuet, Le loup en slip n’en fiche pas une, éd. Dargaud, 9,99 €.

lundi 9 décembre 2019

Un livre a le même prix partout

La nouvelle campagne du Syndicat National de la Librairie le dit bien : depuis 1981, en France, un livre a le même prix partout. 
Alors, pour vos achats et vos cadeaux, privilégiez les librairies indépendantes comme Mille et une Pages : en plus, vous aurez le conseil et l'accueil. 
Et ça, ça n'a pas de prix.


Poussin, Monet, Renoir, Picasso… et les autres


IDEE CADEAU - BEAU LIVRE



Tout au long du mois de décembre, Mille et une Pages vous donne des idées de livres à offrir.

Tous les amateurs d’art vont adorer ce gros ouvrage richement illustré car il raconte, à travers 400 reproductions, comment la Normandie a été la source d’inspiration des plus grands peintres, bien au-delà des impressionnistes !


Si le nom et les paysages de la Normandie sont spontanément associés aux impressionnistes, les liens entre notre région et les peintres est bien plus ancien et divers. C’est ce que démontre ce livre magnifique qui regroupe près de 400 reproductions couvrant une période allant du XVIIè siècle à aujourd’hui. Aux côtés de Monet, Boudin, Renoir, Degas ou Manet, on croise donc, au fil des pages, des peintres aussi divers que Géricault, Corot, Poussin, Picasso, Dufy, Braque, Léger, Bonnard, Degas, Dubuffet, et même des artistes contemporains. Chefs-d’œuvres connus de tous et œuvres plus secrètes se côtoient aussi. On doit cet ensemble monumental et absolument inédit à deux spécialistes, deux historiens de l’art avec des périodes de prédilection très différentes et complémentaires : Jacques-Sylvain Klein et Philippe Piguet racontent ici, en images bien sûr, mais aussi en textes érudits et très vivants, la fascination que la Normandie, ses lumières, ses décors, ont provoqué chez d’innombrables artistes. Un livre aussi riche que beau.


Jacques-Sylvain Klein, Philippe Piguet, Les Peintres de la Normandie, éd. Ouest France, 70 €.

jeudi 5 décembre 2019

Une Américaine à Paris


ROMAN ETRANGER


Belle comme le jour, douée d’un talent hors du commun, Lee Miller est une figure aussi essentielle que négligée de l’histoire de la photographie. Ce roman lui rend hommage en retraçant son étonnant parcours. Mais c’est surtout son histoire d’amour complexe avec un autre artiste majeur, Man Ray, qui forme le cœur vibrant de cette plongée dans les années 1930…

Picasso, Dali, Cocteau, Max Ernst, André Breton, Eluard, Tristan Tzara, Aragon, Philippe Soupault… Ils sont tous là, les génies qui firent du Paris de l’entre-deux guerres la capitale artistique du monde, notamment à travers le mouvement surréaliste. Leurs muses aussi sont là, dont on oublie qu’elles furent également des artistes, Kiki de Montparnasse, Dora Maar, et surtout Lee Miller, cette somptueuse américaine, mannequin pour Vogue qui débarque en 1929 dans la capitale française pour y donner libre-cours à ses rêves encore flous de créatrice, peintre ou photographe. Lorsqu’elle rencontre Man Ray, l’homme qui transforma Kiki en femme violoncelle, son destin prend corps : elle devient son assistante, sa muse, son élève, son amante et bientôt… sa rivale, ce qu’il supportera mal et conduira à la rupture. C’est cette histoire d’amour complexe que trace principalement Whitney Scharer dans ce premier roman passionnant et vibrant, mais c’est aussi l’éveil d’une femme, son apprentissage de son art. Un des buts évidents de ce livre, c’est la reconnaissance, enfin, du talent immense de celle qui, comme tant d’autres, ne fut longtemps considérée que comme “la femme de…” Recréation d’une époque, célébration d’une artiste majeure de ce temps, L’Âge de la lumière explore aussi d’autres facettes de la personnalité de Lee Miller : sa jeunesse américaine et sa relation douloureuse avec un père très possessif (et sans doute plus que cela…), sa vie après sa séparation avec Man Ray (notamment son travail de photographe de guerre, assistant à la libération des camps d’extermination de Dachau et Buchenwald), et puis, et c’est ce qui ouvre le roman, sa décision, en 1949, de tout abandonner et de se retirer pour une existence discrète dans le Sussex. Passionnant, très documenté, romanesque quand il s’agit de peindre les sentiments, ce roman est une belle résurrection pour une artiste trop négligée par l’histoire.

Whitney Scharer, L’Âge de la lumière, éd. de l’Observatoire, 23 €.

dimanche 1 décembre 2019

Famille désaccordée


ROMAN FRANÇAIS


Ça pourrait être la partition d’un polar, genre où Alexis Ragougneau excelle. C’est celle plutôt d’une tragédie familiale sur fond de musique classique que compose ici avec virtuosité le romancier. Envoûtant thriller psychologique, Opus 77 se dévore d’une traite.


Nocturne, scherzo, passacaille, cadence et burlesque : tels sont les cinq mouvements du Concerto pour violon N°1, opus 77, de Dmitri Chotakovitch. Ce sont eux qui vont rythmer le roman d’Alexis Ragougneau, devenant les cinq mouvements du récit d’Ariane, pianiste virtuose et narratrice de cette histoire de famille désaccordée. Chez les Claessens, la musique classique règne en maîtresse absolue. Il y a Ariane, on l’a dit. Il y a le père, chef d’orchestre mondialement célèbre qui vient de mourir et dont on découvrira, au fil des souvenirs qu’Ariane égrène, qu’il était aussi un tyran domestique. Il y a Yaël, la mère, soprano brillante qui a sacrifié sa carrière et sa voix. Et puis il y a David, le fils au talent prodigieux, violoniste promis au plus bel avenir jusqu’au concours où tout s’est brisé, et à la suite duquel il s’est retiré du monde, s’enfermant dans un bunker racheté à l’armée suisse. C’est le fil déchiré de cette famille désaccordée qu’Ariane tente de raccommoder, sous la plume inspirée d’Alexis Ragougneau. Venu du roman policier (les excellents Evangile pour un gueux ou La Madone de Notre-Dame), Ragougneau use dans Opus 77 de quelques-unes des qualités de construction, de suspense et de tension qui font les bons polars. Le drame familial se nourrit ainsi de rebondissements, de révélations, de coups de théâtre comme autant de coups de cymbales dans une symphonie. Cela donne un roman très noir, mais aussi brillant, inquiétant et terriblement addictif.

Alexis Ragougneau, Opus 77, éd. Viviane Hamy, 19 €.

dimanche 24 novembre 2019

Corps meurtri


ROMAN FRANÇAIS


Cinq ans après son Prix des Libraires pour Kinderzimmer, Valentine Goby confirme qu’elle est une des romancières françaises qui comptent avec Murène, puissant portrait d’un homme, qu’un accident prive de ses deux bras, et qui va renaître grâce à la natation…

François travaille à la force de ses bras, et puis un jour de l’hiver 1956, alors qu’il traverse une forêt des Ardennes, une ligne à haute tension cachée par la neige l’électrocute. Il est presque mort. Pour le sauver, il faut l’amputer de ses bras. Comment reprendre le fil de sa vie après un tel accident ? Quelle vie ? Comment étreindre encore celle qu’il aime ? Comment travailler, manger, fumer, tourner les pages d’un livre ? Comment reprendre possession de ce corps dont il sent encore les membres absents ? La médecine semble bien impuissante, les  prothèses bien rudimentaires. François passe d’un sentiment à l’autre, de l’accablement à l’espoir, de la colère à la honte. C’est l’eau qui lui apporte la résilience, l’aide à renaître, c’est le fait de découvrir que son handicap est moins lourd lorsqu’il s’immerge. Il va apprendre  nager, à devenir cette murène à la fois monstrueuse et gracieuse qu’il avait jadis admirée dans un aquarium. Valentine Goby trace avec une écriture lumineuse ce destin, cette remontée vers la surface d’un homme qui s’était cru noyé. Elle entremêle avec intelligence et pertinence l’histoire de François avec celle des compétitions handisports qui émergent à l’époque, l’acmé du livre se situant lors des Jeux paralympiques de 1964 à Tokyo. Treizième roman de son auteur, Murène ne joue jamais la carte du pathos. Au contraire. Car si elle s’affronte aux douleurs physiques et morales de son personnage, Valentine Goby s’attache surtout à dire la force face aux épreuves, le courage, le dépassement de soi et des normes, la solidarité, le goût retrouvé de la vie. Elle signe un livre intense qui, à aucun moment, ne laisse indifférent.

Valentine Goby, Murène, éd. Actes Sud, 21,80 €.